Texte trouvé à Ainhoa... : Renouveau du cimetière basque

La stèle discoïdale basque, d'origine pré-chétienne, a connu une floraison particulièrement riche au cours des 16ème, 17ème et 18ème siècles. Durant cette période classique, le point central du disque est considéré comme une source d'énergie et de rayonnement autour de laquelle s'articulent des symboles complexes. A partir du 19ème siècle, la croix supplanta progressivement la discoïdale dont on ne comprenait plus la signification. Déjà appauvrie par l'abandon de la forme circulaire, l'expression symbolique disparut à sont tour. L'art funéraire de ce pays semblait mort. Au début du 20ème siècle, on copia, ici ou là des modèles anciens en utilisant de riches matériaux qui tranchaient sur la banalité régnante. L'évènement massif du granit poli, dans les années 60, porta un coup fatal à cette timide reprise. Depuis quelques années cependant, un courant se dessine, qui tend à délaisser les monuments prétentieux et standardisés pour découvrir à nouveau l'humble des Basques dont tant de composantes - notamment la langue basque, l'euskara - ont gardé une étonnante modernité.

Certains voient dans la stèle discoïdale une représentation humaine (tête et buste). Il est probable qu'il s'agit plutôt d'un monument cosmique, le socle quadrangulaire symbolisant la terre et le cercle du disque le monde séleste. L'analyse de certaines compostions suggère avec force le passage des défunts du carré terrestre au cercle céleste.

Autres symboles des cimetières basques :

Le soleil : souvent scultpté de manière stylisées sur les stèles. De même que les églises, les tombes anciennes sont orientées vers le soleil levant, "splendide éclat de la lumière éternelle"

La terre : autrefois, on confiait les corps des défunts à la terre-mère, Ama-Lu, qui fait lever en moisson d'or les pauvres graines enfouies. Le croyant pressent que ce phénomène est dans l'ordre des choses : on nait du sein d'une mère on renait du sein de la terre

L'arbre : à l'instare de la terre, il assume une fonction maternelle. Il est perçu comme symbole de vie. Les chrétiens y voient même une figure du Christ, lien entre ciel et terre, médiateur entre Dieu et les hommes. Planté dans un cimetière ou figuré sur un monument, l'arbre est beaucoup plus qu'un simple agrément. Comme le soleil et la terre, il est une affirmation de la vie sur le lieu même où la mort semble triompher




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